Un homme avoue un meurtre, mais ce n’est pas l’aveu qui importe : c’est le chemin qui l’y a conduit. Adapté du roman de Tanguy Viel, ce huis clos théâtral explore la frontière fragile entre justice et injustice.
Sur scène, Martial Kermeur raconte devant un juge pourquoi il a jeté à la mer Antoine Lazenec, un promoteur immobilier qui l’a escroqué. Manipulé, ruiné et humilié, cet homme ordinaire a vu, peu à peu, sa vie s’effondrer, jusqu’au geste irréparable.
Dans un décor de chantier abandonné au bord de la rade de Brest, le récit se déploie comme une lente descente dans la psyché d’un homme brisé, brillamment interprété par Vincent Garanger. Déjà salué pour son adaptation du roman « Réparer les vivants », Emmanuel Noblet retrouve une matière brute et dense en adaptant cette fois « Article 353 du code pénal ».
Entre polar et drame intime, la pièce interroge la responsabilité individuelle et le poids des déterminismes sociaux, laissant au public une question vertigineuse : que juger, l’acte ou l’histoire qui l’a rendu possible ? C’est le théâtre dans ce qu’il a de plus simple, de plus nu, de plus fort : une silhouette, une voix et l’irréductible complexité du monde.